Vie frugale, écologique et économique

Comment la mésaventure Boucle Verte m’a fait reconsidérer le recyclage

Article mis à jour le

Aujourd’hui j’aimerais vous parler de La Boucle Verte.

La Boucle Verte, c’était une petite entreprise toulousaine spécialisée dans le recyclage des canettes. L’idée était simple : récupérer les canettes vides dans les fast-foods, snacks, festivals… bref, partout on en distribue, pour ensuite les revendre en lot à des ferrailleurs.

Tout le monde y gagne : les commerçants réduisent leur volume de déchets, le ferrailleur récupère de la matière, l’économie de production laisse petit à petit la place à une économie de recyclage, et l’environnement (local comme lointain) y gagne.

Après trois ans de galères, les dirigeants ont annoncé l’arrêt de l’activité. Où est le problème ? Ce genre d’activité est-il rentable ? Pérenne ? Vous pouvez lire le post-mortel passionnant sur le site de La Boucle Verte.

Quelques infos déprimantes sur le recyclage de l’aluminium

Passons outre la naïveté des débuts (collecter autant de canettes que possible pendant un mois sans se renseigner sur le prix de rachat et toucher la magnifique somme de 38 €) et concentrons-nous sur le cœur de l’expérience : la face cachée de la filière du recyclage de l’alu.

On nous annonce que 60% des canettes sont recyclées, qu’elles sont recyclables à l’infini ?

Bien sûr, ça arrange tout de monde de raconter une belle histoire, de faire des raccourcis énormes pour un storytelling plus fluide. La réalité, c’est que la majorité des canettes finissent enfouies dans une décharge.

L’aluminium provient majoritairement des résidus de combustion (les mâchefers), qui agrègent quantité de métaux lourds.
Concrètement, l’aluminium a plus de change de se retrouver dans une nappe phréatique que dans une nouvelle canette…

Autre statistique démente : les auteurs ont évidemment eu l’occasion de visiter un centre de tri… et l’on découvre que sur 5 camions qui arrivent au centre de tri, 2 repartent en direction de l’incinérateur car les déchets ne sont pas triables, mal triés, envoyés par erreur… Enfin, à l’incinérateur ou par bateau dans un pays lointain qui veut bien se faire payer pour s’en occuper, c’est selon…

Enfin, et c’est le dernier élément que je mentionnerai ici, pour le reste de l’histoire je vous invite vraiment à lire la totalité de l’article… Il est naïf de croire qu’une canette n’est composée que d’aluminium. Il y a une fine couche de plastique qui isole le liquide du métal, et une autre à l’extérieur pour pouvoir illustrer l’emballage. Autrement dit, les canettes demandent de la bauxite, que l’on extrait en Australie, en Chine ou au Brésil. On ne fonctionne pas en circuit court !

Mes doutes concernant le recyclage au quotidien

Cet article m’a touché car il a fait écho à une discussion que j’ai eue avec un commerçant de vrac très engagé, qui connaît bien la filière de recyclage. Il me disait que la majorité de ce que l’on met dans le bac jaune (papier, carton, emballage, etc) est incinéré, car le recyclage a besoin de « beaux » papiers pour être rentable. Sans cela, l’ensemble est souillé et il est impossible ou trop coûteux de produire de la matière propre.

Autrement dit, si vous mettez une ramette A4 de vos papiers de brouillon dans le bac jaune et espérer qu’il reviendra un jour entre vos mains, il suffit d’un carton à pizza un peu gras dans le même bac pour souiller l’ensemble… ou d’un peu d’humidité (boîte de conserve non rincée, ou justement, rincée, pot de yaourt, barquette de polystyrène…) qui mouille le papier et rend la fibre impropre au recyclage ; certaines consignes locales permettent le mélange de « tout emballage » avec le papier).

Certes, les recycleurs nous disent que les lignes de tri font des progrès de jour en jour, que les machines repèrent désormais papier d’alu, carton à pizza, paquet de café, emballage intérieur des paquets de céréales… mais j’y crois moyennement après ce que j’ai lu chez la Boucle Verte.

Mais je me demande si, en réalité, la collecte des déchets cartonnés sert pas surtout à entretenir la filière de tri et faire adopter des bons réflexes à la population. Ce n’est pas franchement inutile… mais presque.

Peut-être qu’on ferait mieux de s’en tenir à la collecte des déchets papier d’entreprise, par nature plus propres que ceux collectés dans les bacs disposés dans les rues. Car quand je lis :

En effet, aujourd’hui, seul 1 papier sur 2 est trié donc recyclé. Les autres papiers, jetés avec les ordures ménagères sont soit brûles soit enfouis dans des décharges.

Ecofolio

Ça me rappelle furieusement les 60% de canettes alu recyclées. Je me demande quelle est la face cachée de ce chiffre !

Ce que je continue à faire

Malgré tout, je continue de trier mes déchets, et même assez généreusement. Je prends du plaisir à séparer ce qui doit l’être et à porter religieusement mes sacs triés aux bornes de tri. Cela permet aussi d’alléger le poids de la poubelle « générale » et donc les taxes.

J’essaye d’aller vers le zéro déchet, petit à petit, à mon rythme, car le recyclage ressemble de plus en plus à un mythe qui fait rigoler qu’à un réel espoir.

Je vous rappelle les 3 R :

  • Réduire
  • Réutiliser
  • Recycler

Recycler vient en dernier. Il est plus efficace de réduire sa consommation et sa production de déchets, puis de réutiliser (ou réparer).

Je vous invite à lire l’histoire de la Boucle Verte. Si vous avez d’autres liens sur la thématique, n’hésitez pas à les mentionner en commentaire, je ferai une section dédiée dans cet article.

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