Je cultive des pleurotes dans ma cuisine : les photos jour par jour !

Profitant d’une promo dans un supermarché, j’ai décidé de tester la boîte à champignons, dont j’avais déjà parlé dans un article sur le recyclage du marc de café.

La boîte à champignons est la principale entreprise sur le créneau des champignons à faire pousser soi-même (on trouve aussi prêt à pousser, plus généraliste, et moins axé ESS que la boîte à champignons). J’ai trouvé leur boîte dans un supermarché, ils sont distribués dans les boutiques bio, chez Nature et Découvertes et sur leur propre site web.

Jour 1 : Unboxing de la boîte à champignons

Toutes les boîtes fonctionnent grosso modo sur le même principe :

  • un carton
  • un sachet intérieur contenant un substrat à base de marc de café et de céréales colonisé par un mycélium de champignons (dans mon cas, des pleurotes)
  • éventuellement quelques accessoires plus ou moins gadget (vaporisateur, couteau, règle pour mesurer les pieds)

Dans mon cas, c’est le strict minimum : carton qui contient la notice, sac et vaporisateur. Pour 6 euros en promo, je ne vais pas me plaindre 🙂

Certaines boîtes se présentent aussi sous la forme d’un seau (j’en ai vu pour des champignons de Paris). D’autres ont un sursac qu’il faut humidifier et laisser une nuit au frigo avant usage.

Cultiver sa boîte à champignons : mode d’emploi

Le mycélium doit être conservé au frais. Mauvais point, mon supermarché le conservait à température ambiante. J’ignore à quel point cela joue sur le résultat, j’imagine que c’est pour conserver l’humidité du sachet.

Je lis sur le site de la boîte à champignons : « Le mycélium est un produit fragile : à conserver au frais dès réception et à utiliser dans la semaine. « 

Ouille…

Bon. Niveau date, je suis bon. Niveau température, sans doute moins. J’ai placé la boîte au frais une nuit avant de commencer l’expérience. J’espère que cela suffira et que le mycelium n’est pas mort…

Ensuite, il faut tout ouvrir le devant du carton et percer le sac intérieur avec un couteau propre (pour ne pas contaminer le substrat avec des bactéries qui viendraient établir une colonie !). J’ai fait une grosse croix. Quelques morceaux de substrat sont tombés, j’ai placé l’ensemble sur un plat pour pouvoir le déplacer et prendre des photos.

On sent immédiatement l’odeur du champignon et du café, c’est assez amusant !

Pendant les 14 jours qui suivent, il faudra s’adonner à un petit rituel quotidien : vider l’intégralité du pulvérisateur une fois par jour sur l’ouverture. Je vais espacer mes pulvérisations pour que cela ressemble à un milieu humide en permanence et non à une averse quotidienne. J’ai quelques doutes sur l’état du carton après deux semaines de pulvérisations, mais on verra bien…

Une fois que le travail est fait, il ne reste plus qu’à attendre… C’est l’occasion de se renseigner un peu sur l’entreprise !

(et de découvrir à cette occasion que je n’ai pas suivi la méthode optimale, je n’ai pas plongé le sachet dans l’eau avant de commencer, ni crée un choc thermique vraiment important… grrr… mais on verra bien, je reste confiant !)

Qui est La Boîte à Champignons ?

À l’origine, en 2009, il y a Cédric Péchard qui réalisait des missions en Afrique aux côtés d’ingénieurs asiatiques, sur les questions de l’alimentation des villes, de la survie de l’agriculture paysanne durable, et de l’insertion de personnes fragiles. L’idée générale était de connecter plusieurs systèmes agricoles qui valorisent en cascade les sous-produits des uns en ressources pour les autres. Une sorte de permaculture économique.

Entre 2011 et 2013, l’entreprise trouve sa structure mais toujours dans la même direction : croiser l’économie et le social, toujours dans la logique du recyclage de déchets pour la culture alimentaire, et principalement les déchets organiques (marc de café, déchets de cantine…) pour la production de champignons.

En 2014, ils ont construit une cave à champignons dans le marché de Rungis !

Aujourd’hui, la Boîte à Champignons est une entreprises de l’ESS (Économie sociale et solidaire)… et circulaire :

  • recyclage du marc de café
  • emploi de personnes en insertion professionnelle
  • proximité (tout est fabriqué en Île-de-France)
  • recyclage des substrats utilisés chez les maraîchers pour la fertilisation

L’entreprise ne fait pas que distribuer des boîtes à champignons à créer dans la cuisine : ils recyclent 5 tonnes de marc de café par semaine pour cultiver des pleurotes Monte Cristo… et des bonnes ! Leur production a été distinguée par le Collège Culinaire de France et est utilisée dans les menus des grands chefs parisiens.

Il y a donc deux entreprises aujourd’hui : UpCycle pour le conseil en agriculture urbaine, et la Boîte à Champignons pour le grand public.

Après ces petites recherches, alors que j’étais au début dubitatif voire méfiant face au concept, je suis désormais agréablement surpris. J’apprécie beaucoup le côté ESS de l’entreprise et son envergure qui va bien au-delà de la simple boîte à champis : c’est tout sauf une start-up sans lendemain qui surfe sur la tendance foodtech !

Oups, j’ai commencé sans lire les conseils de culture sur le site

Le site web www.laboiteachampignons.com rappelle le mode d’emploi en vidéo (les instructions sur la boîte sont succinctes, certains sont peut-être plus en confiance avec une vidéo), des conseils de culture, des recettes…

J’ai notamment appris dans la FAQ qu’il fallait créer un choc thermique pour obtenir une deuxième récolte (et possiblement une troisième) : passer la boîte une nuit au frigo avant de la remettre à température ambiante. Un moyen de la rebooter en quelque sorte !

J’ai aussi découvert que la boîte se conservait vraiment au frigo, et que certains modèle nécessitaient une manip particulière pour démarrer. L’idée est de répliquer les conditions d’un sous-bois en automne, comme le disent Arnaud et Grégoire dans les vidéos de tuto.

Comment cultiver votre Boîte à Champignons

J’ai l’impression que j’ai une version « sans le sursac », et je ne peux pas faire le choc thermique comme indiqué dans les vidéos. Cela ne me semble pas très grave, j’imagine que les champignons sont experts en pousse « à l’arrache ». Déjà que mon supermarché ne conservait pas les boîtes au frais… On verra ! Je vais arroser généreusement pour compenser et croiser les doigts.

Il n’y a plus qu’à attendre !

Ma boîte est désormais « lancée ». La promesse est d’obtenir des pleurotes d’ici 14 jours 🙂

Jour 2 : Pas grand chose…

Pas grand chose pour l’instant, je continue de diffuser l’intégralité du diffuseur tout au long de la journée (et mine de rien, ça en fait de l’eau !). Le carton et le plastique retiennent bien l’eau. Les champis ont-il déjà senti quelque chose ? À suivre 🙂

Puisqu’il ne se passe rien encore, je vous partage mes quelques interrogations :

  • malgré les deux entorses à la FAQ, le mycélium va-t-il se développer ?
  • combien de pieds vais-je avoir ?
  • seront-ils beau et vigoureux ou rabougris et chétifs ?
  • est-ce que cela me reviendra moins cher que des champignons achetés au marché ?

Et quelques craintes, que je sais infondées mais que l’on ne peut s’empêcher d’avoir quand on touche des champignons :

  • est-ce que ça va contaminer ma cuisine ?
  • le carton va-t-il moisir ? vais-je avoir du moisi partout ?

Vous avez remarqué que par précaution, j’ai éloigné la boîte des poutres et je l’ai placée sur un plat 🙂

Jour 3 : on y croit ou pas ?

Jour 4 : je commence vraiment à me dire que les boîtes du Monoprix sont frelatées

Jour 5 : premiers espoirs ?

Bon, le cinquième jour on est normalement à un tiers de l’expérience. Je ne dis pas que la croissance des champignons est linéaire, mais je m’attendais au moins à voir un petit quelque chose sortir. Là où j’ai un tout petit peu d’espoir, c’est que le substrat commence légèrement à se colorer en blanc.

Bon, en réalité, c’est peut-être juste le moisi qui a trouvé un terrain plus propice… Mais normalement, les pleurotes devraient aussi sentir que c’est le moment… Non ?

Jour 6 : toc-toc… oui, il y a quelque chose

Jour 7 : comme un Alien qui sort du trou

Jour 8 : une allure de polype

Jour 9 : on dirait une anémone

Jour 10 : une fois démarré, ça pousse vite !

Bon, je crois que c’est vraiment parti. Il y a une dizaines de pieds à cet emplacement, mais aussi quelque chose qui pousse dans la fente en haut. C’est prometteur !

N’oubliez pas que si vous voulez la même chose chez vous, il suffit de commander ici par exemple :

Jour 11 : les chapeaux des pleurotes se colorent

 

Jour 12 : ça pousse… mais lentement

Jour 13 : les champignons grandissent à vue d’oeil entre le matin et le soir !

Jour 14 : les chapeaux se craquèlent… ils sont secs

Au jour 14 nous avons dû faire un choix. Les champignons ne grossissaient plus, les chapeaux peinaient à prendre la forme concave en « parasol » et surtout, les bords commençaient à se craqueler.

C’était l’absence de choc thermique au début qui a pénalisé leur croissance, mais c’était aussi le début d’une vague de chaleur qui rendait impossible la création d’une atmosphère de sous-bois d’automne. Nous avons donc décidé de leur laisser une journée supplémentaire et de les récolter le lendemain.

Jour 15 : nous décidons de récolter les pleurotes

Comme annoncé hier, nous décidons aujourd’hui de couper et déguster ce « bouquet » de pleurotes. 54 grammes, la récolte n’est pas terrible, et on est loin de ce qu’annonce la boîte (accompagnement d’un repas pour deux personnes). En revanche, grosse bonne surprise sur le goût : on sent vraiment le goût d’un bon champignon fraîchement cueilli, et rien que pour ça, on est content d’avoir arrosé chaque jour sa boîte !

Nous allons bien sûr essayer de faire une deuxième récolte, voire une troisième. Ce n’est pas gagné compte tenu de la vague de chaleur mais cette fois nous allons créer le choc thermique nécessaire au redémarrage !

Ma conclusion

Que penser de cette expérience ?

C’était vraiment intéressant, mais je ne suis pas certain que cela en vaille le coup pour la consommation personnelle. J’ignore si c’est à cause du mauvais conditionnement en magasin (la honte Monoprix !) ou du mauvais démarrage, mais les résultats ont été assez faibles.

Cependant, je trouve qu’il faut essayer au moins pour l’expérience !

Vous pouvez acheter la boîte à champignons (mon modèle) ou d’autres boîtes du même type sur le site des producteurs mais aussi sur Amazon.

Je n’ai testé que la boîte à champignons et j’apprécie leur engagement « développement durable », tant sur le point de vue environnemental que social. Je ne me prononce pas sur les autres marques.

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