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Les différentes applications cliniques de la luminothérapie

La thérapie par la lumière du jour : 3000 ans d’histoire

L’histoire de la luminothérapie remonte à plus de 3 000 ans, en Inde, où la lumière du soleil était utilisée à des fins thérapeutiques et consignée dans les textes sacrés hindous. Aujourd’hui, les effets bénéfiques de la luminothérapie sont bien établis et ils impliquent l’utilisation de la lumière visible ou de la lumière ultraviolette non visible pour traiter un vaste panel de pathologies et de troubles, notamment ceux du sommeil et de l’humeur et, plus largement, en rapport avec les dérèglements du rythme circadien.

Les lampes de luminothérapie sont progressivement passées du domaine de la médecine à celui du confort de vie à domicile, avec les appareils de luminothérapie sans UV qui peuvent caracoler jusqu’à 10 000 lux, simulant le spectre de la lumière du soleil.

Le raisonnement scientifique qui sous-tend la luminothérapie

Deux propriétés cruciales définissent les fondements biologiques de la luminothérapie (également appelée photothérapie) : la longueur d’onde et l’intensité lumineuse. La gamme de longueurs d’onde de la lumière visible va approximativement de 780 nm (extrémité rouge) à 400 nm (extrémité violette). Le rythme circadien, plus couramment appelé « horloge biologique », représente un cycle de 24 heures qui régule le sommeil et d’autres processus physiologiques qui lui sont liés.

Dans le passé, les chercheurs utilisaient le plus souvent de la lumière blanche brillante (c’est-à-dire un spectre mixte de longueurs d’onde qui imite la lumière du jour) afin d’étudier les effets de la lumière sur le rythme circadien humain. D’autre part, des études récentes ont démontré une meilleure efficacité de la lumière bleue de courte longueur d’onde (environ 460 nm) avec de meilleures propriétés de phasage et de déphasage par rapport au reste du spectre de la lumière visible.

La luminothérapie cible l’horloge biologique humaine subjective et tente de remettre à zéro la phase d’activité de l’horloge par rapport aux cycles de lumière et d’obscurité. Ainsi, les objectifs communs de la luminothérapie sont de synchroniser le cycle veille – sommeil avec la nuit « subjective », de faciliter le sommeil à une heure souhaitée du jour ou de la nuit, et d’obtenir des effets indirects sur l’humeur du patient et, plus globalement, sa qualité de vie.

La thérapie photodynamique (ou TPD) est un segment spécial de la luminothérapie qui utilise des agents photosensibilisants en même temps que la lumière afin de tuer les cellules cancéreuses. Elle peut également aider la luminothérapie traditionnelle à rétrécir les glandes sébacées. Les médicaments n’agissent qu’après avoir été activés par certains types de lumière. Dans la littérature médicale, cette procédure est également connue sous le nom de photothérapie, photoradiation ou photochimiothérapie.

Quelles sont les applications cliniques de la luminothérapie ?

En psychiatrie et en neurologie, la luminothérapie a été largement utilisée pour traiter un large éventail de troubles. Ces derniers sont généralement classés en trois grandes catégories : les troubles causés par la désynchronisation entre le rythme circadien du corps et l’environnement extérieur, les troubles de l’humeur et les troubles hybrides qui découlent de dysfonctionnement sur le cycle du sommeil et l’humeur.

Il a été démontré que la photothérapie à la lumière visible (en particulier à la lumière bleue) améliore l’état de la peau dans les cas d’acné et d’imperfections. En atteignant les glandes sébacées de la peau, la lumière bleue stimule les porphyrines, qui sont des composés produits par les bactéries responsables de l’acné (notamment du genre Propionibacterium). Lorsqu’elles sont activées par la lumière, les porphyrines peuvent détruire les bactéries de l’intérieur.

La jaunisse néonatale représente le jaunissement de la peau résultant de l’augmentation des niveaux de bilirubine chez les nourrissons. La photothérapie à la lumière bleue est le traitement de choix pour les nouveau-nés par ailleurs en bonne santé dont le taux de bilirubine non conjuguée est élevé. La thérapie photodynamique a joué un rôle important dans le traitement de maladies dermatologiques telles que la kératinose actinique, diverses lésions cutanées et le cancer de la peau sans mélanome. Des applications de ce type de traitement ont été utilisées dans des cas de maladies parodontales, de leucoplasie buccale, de cancer buccal, de dégénérescence maculaire et d’une panoplie de tumeurs provenant de divers tissus et systèmes d’organes.

La luminothérapie à basse intensité (LABI) devient un outil prometteur dans le traitement d’une grande variété de pathologies telles que la douleur arthritique, le retard dans la cicatrisation des plaies et les accidents vasculaires cérébraux aigus.

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